Profil de recherche 2016 : Sauver des vies en calmant le système immunitaire

Immunothérapie cellulaire pour les chocs septiques (ICCS) : Un essai clinique multicentre de phase II
CP : Lauralyn McIntyre, l’Hôpital d’Ottawa et l’Université d’Ottawa

Le choc septique est la plus grave forme d’infection à laquelle doivent faire face les unités de soins intensifs (USI); il s’agit d’un trouble « sournois et imprévisible »,[1] selon la Dre Lauralyn McIntyre de l’Hôpital d’Ottawa. En réponse à l’infection, le système immunitaire de l’organisme devient hyperactif, ce qui cause la défaillance des organes. Chaque année, au Canada, quelque 100 000 patients mcintyre_lauralyn_mar3-15sont admis dans des USI pour un choc septique (ce qui représente 30 % de toutes les patients admis) et de 30 à 40 % de ces patients en décèdent. Les survivants peuvent être aux prises avec des dommages à long terme en ce qui concerne leur capacité de fonctionner physique et leur qualité de vie. À ce jour, aucun traitement n’a pu être conçu pour améliorer ni le taux de décès ni le pronostic des survivants. Les sepsies représentent environ la moitié de tous les coûts des soins intensifs au Canada, soit environ 4 milliards de dollars par année.

La Dre McIntyre dirige une équipe qui fait l’essai d’une nouvelle thérapie potentielle très intéressante pour les chocs septiques et qui utilise les cellules souches mésenchymateuses (CSM). Celles-ci disent au système immunitaire de se calmer et de laisser l’organisme se réparer. Son équipe est la première au monde à réaliser et à compléter un essai de phase I sur ce traitement et à en tester la sécurité et le dosage. Maintenant, la Dre McIntyre dirige un essai clinique contrôlé aléatoire et multicentre de phase II auquel participera un grand nombre de patients. Elle s’efforcera aussi d’améliorer la qualité des CSM et de concevoir des méthodes moins coûteuses de fabriquer les cellules.

Avant que l’utilisation des CSM soit approuvée pour le traitement des chocs septiques, un essai international de phase III sera effectué auprès d’un grand nombre de patients et en collaboration avec des partenaires de l’industrie. Si cet essai est couronné de succès, des milliers de vies seront sauvées et des économies majeures seront réalisées dans le domaine des soins de santé.

[1] Entrevue publiée dans le JMUO, en mai 2013.

Le projet de recherche de Lauralyn McIntyre fait parti du Programme des accords de recherche pour les essais cliniques qui distribuera 4,214 M$ en vue de six essais. Au total, 38 chercheurs (six chercheurs principaux et 32 cochercheurs) de 12 institutions et 50 stagiaires travailleront à ces essais, lesquels détermineront la sécurité et l’efficacité des nouveaux traitements à base de cellules souches pour les humains. Pour la toute première fois dans son histoire, le RCS offre du soutien aux essais cliniques. Ce programme appuie les essais des phases I et II qui offrent un potentiel de viabilité économique pour les systèmes de soins de santé et certains bénéfices pour les patients. Les essais financés porteront sur le spectre des troubles de santé, dont le traitement des maladies mortelles comme les chocs septiques, l’évaluation d’une thérapie à base de cellules souches pour le diabète et l’expansion des cellules souches du sang de cordon pour la greffe efficace et économique. Les travaux des chercheurs porteront aussi sur les domaines de l’infarctus aigu du myocarde, la transplantation hépatique et le diabète de type 1.

Pour plus d’information sur les résultats du financement de la recherche 2016 du Réseau de cellules souches, appuyez ici