Maladies musculaires
Chaque jour, les cellules souches présentes dans nos muscles réparent les dommages causés par l’exercice ou des blessures. Chez une personne en bonne santé, ces cellules souches musculaires maintiennent le fonctionnement normal des muscles. Cependant, dans les cas de dystrophies musculaires, des mutations affaiblissent les fibres musculaires, ce qui entraîne une inflammation chronique et compromet la capacité des cellules souches de régénérer les tissus. Il existe plus de 150 types de troubles neuromusculaires et on a recensé plus de 50 000 personnes au Canada qui sont atteintes de ces troubles.
La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD), l’un des types les plus courants de dystrophie musculaire, touche approximativement un garçon sur 5 000, et plus de 800 garçons et jeunes hommes vivent actuellement avec la DMD au Canada. La DMD est causée par l’absence d’une protéine appelée dystrophine. Les symptômes de la maladie peuvent apparaître aussi tôt qu’à l’âge de trois ans, affectant progressivement les muscles de tout le corps, y compris le cœur et les muscles respiratoires, dès le début de l’adolescence.
Des chercheurs du RCS étudient actuellement le fonctionnement des cellules souches musculaires et travaillent à la mise au point de traitements pour la dystrophie musculaire et d’autres maladies musculaires. Depuis la restauration de la fonction des cellules souches musculaires jusqu’à la création de traitements antifibrotiques qui réduisent la formation de cicatrices et favorisent la régénération des tissus, les recherches financées par le RCS couvrent de multiples aspects des maladies musculaires. De 2016 à 2028, le RCS aura investi plus de 2,8 millions de dollars dans la recherche sur les maladies musculaires.
Marie-Claude Sincennes, Institut national de la recherche scientifique, Québec
La dystrophie musculaire oculopharyngée (DMOP) est une maladie héréditaire rare qui touche les muscles du visage, des paupières, de la gorge et des membres. Elle progresse lentement et peut parfois obliger les personnes atteintes à utiliser un fauteuil roulant. Bien que rare à l’échelle mondiale, la DMOP est plus fréquente au Québec, et préoccupe donc particulièrement plusieurs familles de la province.
La chercheuse Marie-Claude Sincennes cherche à comprendre comment la DMOP se développe au niveau cellulaire. Cette maladie est causée par des mutations d’un gène appelé PABPN1, lequel joue un rôle clé dans la régulation de l’expression génétique. Cependant, on ignore encore comment cette mutation perturbe le fonctionnement des muscles.
La recherche de Mme Sincennes vise à élucider le rôle que joue le gène PABPN1 dans les cellules souches et progénitrices musculaires, deux types importants de cellules qui seraient impliqués dans la progression de la DMOP. En révélant comment ces cellules sont touchées, cette recherche jettera les bases à la création de traitements qui pourraient ralentir ou stopper la progression de la maladie.
« Pour mettre au point des traitements efficaces contre la DMOP, nous devons d’abord comprendre ce qui ne fonctionne pas dans les cellules. Notre objectif est de mettre en lumière les facteurs moléculaires qui causent cette maladie et, à terme, d’apporter de l’espoir aux familles du Québec et d’ailleurs. »
Natasha Chang, Université McGill, Québec
La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est une maladie musculaire pédiatrique rare, mais dévastatrice, qui touche 1 garçon sur 5 000 au Canada. Bien que des progrès thérapeutiques aient permis à ces garçons d’espérer atteindre le début de l’âge adulte, la DMD reste aujourd’hui une maladie évolutive et mortelle, sans traitement efficace.
On considérait auparavant que la DMD se résumait à un trouble de dégradation des fibres musculaires, mais des études récentes ont révélé que les cellules souches mêmes des muscles sont également altérées. Ces cellules, essentielles à la réparation musculaire, ne fonctionnent pas correctement chez les personnes atteintes de DMD, ce qui contribue à aggraver leur faiblesse musculaire au fil du temps.
Les recherches de Natasha Chang visent à restaurer le potentiel régénérateur des cellules souches musculaires en ciblant une voie moléculaire perturbée, appelée JAK/STAT. En réactivant la capacité de ces cellules à réparer les tissus endommagés, son équipe espère créer une nouvelle avenue thérapeutique qui compléterait les approches actuelles et redonnerait aux patients atteints de DMD la possibilité de développer des muscles plus forts et plus sains.
« Nous avons découvert que le dysfonctionnement des cellules souches joue un rôle clé dans la progression de la dystrophie musculaire de Duchenne. En ciblant la cause profonde de ce dysfonctionnement, nous espérons stimuler la capacité du corps à réparer les muscles, offrant ainsi un avenir meilleur aux patients. »
Dr Fabio Rossi, Université de la Colombie-Britannique, Colombie-Britannique
La fibrose, ou cicatrisation excessive, est un obstacle majeur à la guérison dans le cas de plusieurs maladies chroniques et blessures. Dans les muscles squelettiques, elle aggrave certaines affections telles que la dystrophie musculaire et complique la guérison après un traumatisme ou une infection en interférant avec la régénération.
Le projet du Dr Fabio Rossi s’attaque à la racine de la fibrose. Son équipe, en partenariat avec un collaborateur commercial, Abcellera, a mis au point une molécule qui bloque certains membres de la famille des TGF-bêta, principaux responsables de la fibrose, sans perturber ceux qui sont nécessaires au fonctionnement du système immunitaire. Cette approche ciblée réduit le risque d’apparition des effets secondaires observés avec les inhibiteurs plus larges des TGF-bêta.
L’équipe modifiera génétiquement des cellules afin qu’elles produisent cette molécule anti-fibrotique, puis les introduira dans les muscles squelettiques. Utilisant des cellules musculaires cultivées à partir de cellules souches en laboratoire, elle les transplantera dans des lésions musculaires importantes de modèles qui, normalement, guériraient en laissant des cicatrices. L’objectif est de voir si la fibrose peut être réduite et si des tissus sains peuvent être régénérés.
Si cette approche se révèle efficace, elle pourrait non seulement améliorer les résultats des traitements des lésions et des maladies musculaires, mais aussi ouvrir la voie à des thérapies anti-fibrotiques plus larges pour d’autres tissus.
« En ciblant la fibrose sans affaiblir l’immunité, nous voulons favoriser une bonne régénération des tissus, pas seulement leur réparation. »
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