Réparation de la peau et des plaies
La peau est le plus grand organe de notre corps et notre premier rempart contre les blessures ou les infections — mais lorsqu’elle est endommagée, les conséquences peuvent être dévastatrices. Chaque année, des milliers de personnes au Canada sont hospitalisées pour des brûlures graves et jusqu’à 2 % de la population, en particulier les personnes diabétiques ou à mobilité réduite, vivent avec des plaies chroniques. Chez les personnes atteintes de certaines maladies génétiques rares comme l’épidermolyse bulleuse, même un frottement léger peut causer des blessures douloureuses et potentiellement mortelles.
La médecine régénératrice offre de nouvelles solutions. Des chercheurs soutenus par le Réseau de cellules souches utilisent des thérapies cellulaires et géniques ainsi que des procédés d’ingénierie tissulaire qui permettent de cultiver une peau saine et personnalisée, de réparer les blessures chroniques et de restaurer la capacité naturelle de guérison du corps. Ces avancées pourraient contribuer à diminuer le coût annuel du traitement des plaies au Canada, qui s’élève à 3,9 milliards de dollars, et améliorer considérablement la qualité de vie des patients touchés. De 2016 à 2028, le RCS aura investi plus de 4 millions de dollars dans le développement de thérapies de nouvelle génération qui visent à reconstruire la peau et à lui redonner sa résilience, depuis ses couches les plus profondes jusqu’à sa surface.
Lucie Germain, Université Laval, Québec
L’épidermolyse bulleuse dystrophique récessive (EBDR) est une maladie génétique cutanée rare, mais dévastatrice, qui touche de 300 à 500 Canadiens. Causée par un manque de collagène VII – une protéine essentielle qui agit comme une « colle » entre les couches de la peau – l’EBDR entraîne une fragilité de la peau, des plaies chroniques et, dans certains cas, un cancer de la peau agressif, qui est une cause majeure de décès. Les traitements actuels sont palliatifs et nécessitent des changements de pansements couteux et douloureux qui offrent peu de soulagement a long terme.
L’équipe de la professeure Germain dirige un essai clinique révolutionnaire de phase I/II au CHU de Québec-Université Laval. L’approche de l’équipe combine la thérapie génique et l’ingénierie tissulaire pour créer des substituts cutanés permanents à partir des propres cellules d’un patient. Ces greffes de peau cultivées en laboratoire sont génétiquement corrigées pour restaurer la production de collagène VII et sont testées comme solution durable et cicatrisante pour les plaies de l’EBDR. En cas de succès, cette thérapie pourrait améliorer considérablement la qualité de vie des patients atteints d’EBDR tout en réduisant le fardeau physique, émotionnel et financier pour les familles et le système de santé canadien.
« Pour les personnes atteintes d’EBDR, le moindre frottement peut causer des plaies cutanées douloureuses qui guérissent très difficilement. En combinant une thérapie génique avec de la peau issue de l’ingénierie tissulaire, nous espérons offrir une solution durable – une solution qui restaurera non seulement leur peau, mais aussi leur dignité et leur qualité de vie. »
Lucie Germain, Université Laval, Québec
L’épidermolyse bulleuse jonctionnelle (EBJ) est une maladie génétique rare et potentiellement mortelle qui provoque chez les nourrissons une fragilité cutanée, laquelle entraîne l’apparition de cloques douloureuses et de plaies ouvertes. Il n’existe actuellement aucun traitement curatif pour ces affections : les patients doivent porter des bandages protecteurs et l’espérance de vie de beaucoup d’entre eux est diminuée.
S’appuyant sur le succès d’un essai clinique mené relativement à une autre maladie cutanée semblable, l’équipe de la prof. Lucie Germain travaille sur une nouvelle approche révolutionnaire : cultiver en laboratoire une peau saine et personnalisée à partir des cellules mêmes des patients atteints d’EBJ, après avoir génétiquement corrigé ces cellules.
L’objectif est de greffer cette peau corrigée sur les plaies afin d’offrir aux patients un mode de guérison et un soulagement à long terme. L’équipe a déjà recruté un patient, constitué une biobanque de ses cellules et entrepris un essai pour vérifier la résistance mécanique et le fonctionnement du substitut cutané en laboratoire. Si l’essai est fructueux, cela pourrait constituer un premier pas vers un traitement durable pour les enfants atteints de cette maladie dévastatrice.
« Nous travaillons en vue d’offrir aux enfants atteints d’EBJ une peau forte et saine, ainsi que la chance de vivre plus longtemps et mieux. En combinant une thérapie génique et l’ingénierie tissulaire, nous espérons créer un traitement sûr et durable qui s’attaquera à la cause profonde de cette maladie dévastatrice, et pas seulement à ses symptômes. »
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