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Une bouée de secours pour les personnes souffrant du diabète de type 1

James Shapiro, Université de l’Alberta

Plus de 300 000 Canadiens sont atteints du diabète de type 1, une maladie qui se caractérise par une carence en insuline, une hormone qui transforme en énergie le glucose présent dans le sang. L’insuline est naturellement sécrétée par les cellules bêta du pancréas, mais chez les personnes souffrant du diabète de type 1, le système immunitaire attaque et tue ces cellules, ce qui empêche le corps de normaliser de manière efficace le taux de glucose sanguin, ou la glycémie. Sans traitement, le diabète de type 1 peut être mortel, mais le suivi de la glycémie, les injections d’insuline plusieurs fois par jour et la planification rigoureuse des repas permettent de maintenir en vie les patients. Tout cela ne les guérit cependant pas. Le fardeau supporté par les patients au cours de leur existence, qu’il s’agisse des traitements médicaux ou de la diminution de la qualité de vie, est considérable. De plus, le diabète est la principale cause d’insuffisance rénale, d’amputations non traumatiques et de nouveaux cas de cécité chez les adultes.

Le Dr Shapiro, chirurgien de l’Université d’Alberta, est l’auteur du protocole d’Edmonton qui a découvert que la greffe des îlots de Langerhans de donneurs pouvait améliorer le sort des patients diabétiques de type 1 à haut risque. Son équipe a réalisé plus de 600 greffes d’îlots au cours des deux dernières décennies et son protocole a été utilisé pour traiter plus de 2 000 patients dans plus de 30 autres établissements de par le monde. Toutefois, le nombre limité de dons d’îlots est un obstacle majeur qu’il faudra surmonter pour favoriser l’accès des patients à ce traitement.

Afin de trouver une solution qui permettra de guérir de manière durable le diabète de type 1, le Réseau de cellules souches soutient un essai clinique dirigé par le Dr Shapiro qui vise à déterminer si un dispositif implantable pourrait permettre la greffe durable de cellules bêta en vue du rétablissement fonctionnel des patients. Le Dr Shapiro a réuni une équipe multidisciplinaire qui comprend des cliniciens, des chercheurs et des chefs de file de l’industrie ayant une expertise en diabète de type 1 et en économie de la santé.

Les cellules bêta greffées dans cette étude seront cultivées à partir de cellules souches, suivant un protocole mis au point par l’entreprise américaine de médecine régénérative ViaCyte. Le Dr Shapiro et son équipe ont participé à titre de partenaires à des essais cliniques antérieurs utilisant des technologies de ViaCyte. Ce partenariat industriel garantit que les cellules et les moyens utilisés pour réaliser les greffes pourront être constitués de manière fiable et constante, et à l’échelle qui serait nécessaire si ce traitement devenait la norme en matière de soins.

Dans cette nouvelle étude, l’équipe du Dr Shapiro mettra à l’épreuve certaines améliorations plus récentes apportées à la technologie d’administration des cellules – un dispositif d’encapsulation implanté sous la peau – qui, l’espère-t-il, constituera une plateforme plus efficace et amovible qui permettra aux cellules greffées de survivre et de mûrir jusqu’à ce qu’elles soient entièrement intégrées et en fonction dans le patient.

Grâce au soutien financier du Réseau de cellules souches, le Dr Shapiro espère que ses travaux permettront de faire un pas de plus vers une solution durable et à échelle variable qui pourra améliorer les soins prodigués aux millions de personnes qui souffrent du diabète dans le monde.

Le projet du Dr James Shapiro est subventionné en 2018-2019 par le Programme de soutien des essais cliniques, qui a octroyé 1,5 million de dollars à l’appui de trois essais cliniques. En tout, 33 chercheurs (3 chercheurs et 30 collaborateurs) de 9 établissements différents et 27 chercheurs stagiaires participeront à ces essais qui viseront à démontrer l’innocuité et l’efficacité de nouveaux traitements à base de cellules souches chez les humains. Ce programme soutient des essais de phases I et II qui sont susceptibles d’être économiquement viables pour les systèmes de soins de santé et de présenter des avantages pour les patients. Les essais subventionnés consisteront à évaluer un traitement de cellules souches contre le diabète, à utiliser des cultures expansées de cellules souches de cordon ombilical pour traiter le myélome multiple et à évaluer une version améliorée d’une thérapie cellulaire mise au point pour favoriser la réparation du cœur.

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