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« Nous avons commencé à nous poser différentes questions : quel est le besoin non satisfait? Quels seraient les débouchés commerciaux? Comment pouvons-nous créer quelque chose qui puisse se concrétiser en un produit?»
– Mike Cooke
Mike Cooke, cofondateur et PDG d’AmacaThera
Dans cette vidéo de la série Carrières au-delà du milieu universitaire du RCS, Mike Cooke revient sur sa transition entre la recherche universitaire et l’entrepreneuriat biotechnologique.
Juin 2026
Pour les chercheurs désireux de commercialiser leurs découvertes, le parcours de Mike Cooke, qui est passé du statut de stagiaire au Réseau de cellules souches (RCS) à celui de fondateur d’une biotech, offre un précieux aperçu du chemin qui peut relier la recherche universitaire à la création d’une entreprise. Arrivé au Canada au cours de ses études de doctorat grâce à une bourse de voyage du RCS, M. Cooke a par la suite mené des recherches postdoctorales au laboratoire de la chercheuse Molly Shoichet, à l’Université de Toronto, avant de cofonder AmacaThera, qui a été désignée Entreprise émergente de l’année en 2026 par Life Sciences Ontario. Son expérience souligne à quel point le mentorat, la collaboration et l’esprit d’entreprise peuvent contribuer à faire sortir des laboratoires les recherches prometteuses. Depuis ses premières occasions de réseautage jusqu’à la conclusion d’un accord de licence historique pour la thérapie non opioïde contre la douleur d’AmacaThera, le parcours de Mike Cooke illustre le rôle croissant que jouent les chercheurs dans le devenir du secteur biotechnologique.
Je suis arrivé au Canada depuis le Royaume-Uni grâce à une bourse de voyage du Réseau des cellules souches, alors que je faisais mes études doctorales. Cette possibilité a changé le cours des choses pour moi. Elle m’a permis d’assister à une réunion à Toronto, d’entrer en contact avec des chercheurs et de commencer à tisser des liens avec des membres de la communauté canadienne de la recherche sur les cellules souches.
Ce qui m’avait immédiatement frappé, c’était l’ouverture à la collaboration et l’importance accordée au réseautage. J’ai contacté quelques laboratoires pour voir si je pouvais y passer un peu de temps. Finalement, un de ces laboratoires, dirigé par Molly Shoichet, m’a accueilli. Ce court séjour s’est transformé en une opportunité bien plus importante.
Le Canada possède un solide écosystème de recherche, mais ce qui rend le pays vraiment attractif, c’est la combinaison de l’accessibilité, de la collaboration et de la volonté de soutenir les chercheurs en début de carrière. Dans mon cas, cette première expérience a directement débouché sur un poste de chercheur postdoctoral et, à terme, sur la poursuite de ma carrière ici.
Mon passage au laboratoire de Molly a été déterminant. Dès ma première visite de deux semaines, nous avons pu obtenir des résultats prometteurs en intégrant les matériaux que j’avais mis au point pendant mon doctorat aux travaux sur les cellules souches menés dans son laboratoire. Cette combinaison a rapidement abouti à une publication et à une offre de revenir y mener des recherches postdoctorales.
Ce qui a rendu ma collaboration avec ce laboratoire si déterminant, c’est l’équilibre entre la liberté et le soutien que j’y ai trouvé. Molly encourage l’exploration tout en fournissant les ressources et les conseils nécessaires pour faire progresser nos idées. Cet environnement m’a permis d’envisager mon avenir au-delà de la recherche universitaire et de commencer à réfléchir à ce que nous devrions faire pour que nos travaux débouchent sur des applications concrètes.
Après mon postdoctorat, Molly m’a apporté un appui incroyable en m’aidant à explorer le potentiel commercial de nos recherches. Elle m’a offert l’espace nécessaire pour suivre le cours de mes idées et trouver comment les concrétiser, ce qui a finalement conduit à la fondation d’AmacaThera.
Nous avons officiellement créé la société AmacaThera en 2016 et nous avons participé au programme UTEST de l’Université de Toronto. Cette expérience a été décisive, car elle nous a fait passer d’une approche purement scientifique à la création d’une entreprise.
Nous avons alors commencé à nous poser d’autres questions : quel est le besoin non satisfait? Quels seraient les débouchés commerciaux? Comment pouvons-nous créer quelque chose qui puisse se concrétiser en un produit?
Dès le départ, nous avons choisi de nous concentrer sur une application viable, qui pourrait être déployée à une échelle commerciale. Au fil du temps, chaque étape franchie – attirer des investissements, générer des données cliniques et, enfin, concéder une licence pour le produit – nous a confortés dans l’idée que nous étions en train de créer quelque chose qui présentait un réel potentiel commercial.
Voir notre technologie passer du stade du laboratoire à celui des essais cliniques chez l’humain a été particulièrement marquant. Cela a démontré que ce que nous avions développé pourrait avoir un impact concret.
AmacaThera a débuté dans le domaine des recherches sur les cellules souches, mais nous avons pris la décision stratégique de développer d’abord un produit plus simple qui répondrait à un besoin clinique clair : un anesthésique non opioïde pour les douleurs postopératoires.
Le concept consiste à injecter le traitement directement au niveau du site d’incision, ce qui permet un soulagement localisé de la douleur et réduit, voire élimine, le recours aux opioïdes.
En novembre de l’année dernière, nous avons concédé une licence pour ce produit à une entreprise américaine dans le cadre d’un accord d’une valeur de 230 millions de dollars. Ce fut une étape majeure et une solide validation de la technologie et de l’approche de l’entreprise.
Notre partenaire financera désormais le développement clinique jusqu’à la phase II et au-delà, ce qui représente un investissement considérable et accélérera le processus de commercialisation.
Mais notre vision à long terme reste axée sur les thérapies à base de cellules souches. L’objectif est de revenir à terme à ces applications – telles que le traitement des AVC, de la cécité ou des lésions de la moelle épinière – en utilisant la plateforme que nous avons développée.
Il est important de décider tôt si vous êtes davantage intéressé par le milieu universitaire ou le secteur privé. Ces deux voies sont très valables, mais elles requièrent des expériences et des mentalités différentes.
J’encourage vivement les stagiaires à acquérir dès le départ de l’expérience dans l’industrie ou au sein d’une jeune pousse, ne serait-ce que dans le cadre de stages ou de placements de courte durée. Cela peut aider à comprendre quel type de travail vous plaît et dans quelle direction vous souhaitez orienter votre carrière.
Chez AmacaThera et dans des laboratoires universitaires comme celui de Molly, nous avons pu constater de première main à quel point cette expérience précoce peut être précieuse et aider les chercheurs à prendre des décisions éclairées concernant leur avenir.
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